Le Tombeau de la Chrétienne (voir photo ci-dessous), en
arabe Kbour-er-Roumia, est un monument de l'époque numide,
datant probablement du début de l'ère chrétienne,
situé en Algérie à une soixantaine de kilomètres
à l'ouest d'Alger (2km de Sidi-Rached).
L'édifice, un tumulus de pierre d'environ 80 000 m³,
ressemble de loin à une énorme meule de foin. Il mesure
60,9 m de diamètre et 32,4 m de hauteur. Érigé
non loin de Tipasa, sur une crête des collines du Sahel, il
domine la plaine de la Mitidja à 261 m d'altitude.
Il comporte une partie cylindrique ornée sur son périmètre,
dont le développement est de 185,5 m, de 60 colonnes engagées
surmontées de chapiteaux ioniques et supportant une corniche.
Cette partie présente quatre fausses portes situées
aux points cardinaux. Ce sont des panneaux de pierre de 6,9 m de
haut, encadrés dans un chambranle et partagés au centre
par des moulures disposées en croix. C'est cet ornement qui
a justifié le nom traditionnel de Tombeau de la Chrétienne.
Au-dessus, la partie conique est constituée de 33 assises
de pierres, hautes de 58 cm, et se termine par une plate-forme.
Elle est largement échancrée au-dessus de la porte
Est, résultat des canonnades effectuées à la
fin du XVIIIe siècle par Baba Mohammed Ben Othmane, pacha
d'Alger.
L'entrée véritable du monument, longtemps ignorée,
se situe dans le soubassement, sous la fausse porte de l'Est. Elle
a été découverte lors de la campagne de fouilles
menée en 1865 par Adrien Berbrügger, inspecteur des
Monuments historiques, à la demande de Napoléon III.
C'est une porte basse, 1,1 m de haut, et étroite, qui donnait
sur une dalle coulissante en grès, trouvée brisée.
Ensuite un couloir d'accès très bas conduit au vestibule
des lions. Il est ainsi appelé parce qu'on y voit un lion
et une lionne sculptés en relief au-dessus de l'accès
au couloir intérieur. Ce vestibule voûté mesure
5,33 m de long, 2,52 m de large et 3,20 m de haut.
De ce vestibule on accède en gravissant 7 marches à
la galerie circulaire. Celle-ci suit un tracé circulaire
horizontal formant un cercle presque complet, qui partant de la
fausse porte Est passe successivement derrière les fausses
portes du Nord, de l'ouest et du Sud, avant de tourner vers le centre
du monument.
Au bout de la galerie, une porte munie d'une herse, brisée
elle-aussi, ouvre sur un vestibule de 4,04 m de long, 1,58 m de
large et 2,73 de haut. De ce vestibule, un couloir surbaissé
mène à la chambre centrale située au cur du
monument. Fermée par une porte à herse coulissante,
trouvée aussi brisée, ce caveau voûté
mesure 4,04 de long, 3,06 de large et 3,43 de haut. Orienté
nord-sud, avec l'entrée à l'est, il comporte 3 niches
sur chacune des parois nord, sud et ouest.
Le monument est entièrement vide de tout mobilier. Aucune
chambre secrète n'a été trouvée, malgré
de nombreuses recherches.
La date de construction et la fonction réelle de ce monument
ne sont pas connues avec certitude. Sur la date, on sait qu'il est
mentionné dans un texte d'un auteur romain, Pomponius Méla,
daté des années 40 après Jésus-Christ,
époque où le royaume de Maurétanie fut annexé
par Rome. Certains historiens pensent qu'il s'agit d'un mausolée
royal construit par le roi Juba II qui régna de 25 av. J.-C.
à 23 ap. J.-C. et son épouse, la reine Cléopâtre
Séléné.
Un monument analogue se trouve dans l'Est algérien, c'est
le Médracen situé près de Batna. Il en diffère
cependant par la taille, seulement 18,5 m de haut, la structure
interne, et est certainement plus ancien.